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    Sommaire de:
    "Livres"
 
   
L’éducation postmoderne
Health, Happiness and Human needs
Guide d’observation des 14 besoins de l’être humain
"Etre consommé"
Comment la terre s’est tue
Redéfinir la prospérité
     
   
   
 
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      Livres
     

Les livres auxquels je me réfère, dont je vous recommande la lecture, des livres source, des beaux livres...

Ces références sont un travail de longue haleine que je vais poursuivre avec vous.

 
L’éducation postmoderne
Jean-Pierre POURTOIS et Huguette DESMET
PARIS, Presses Universitaires de France, 1997, 321 pages
Entre autres chapitres : besoins liés au corps : conscience de soi, besoin de mouvement ; besoins affectifs ; besoins cognitifs ; besoins sociaux ; besoins de valeurs ; une nécessaire articulation des besoins...

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Health, Happiness and Human needs
Marge REDDINGTON
Dayton, OH (USA), TDC Group, Publishing Division, 1994, 254 pages, ISBN 0-9640594-0-1
Entre autres chapitres : besoins physiques - émotionnels, intellectuels et psychologiques - spirituels (mise à jour : 51 besoins) ; signaux ; stress ; plan de vie

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Guide d’observation des 14 besoins de l’être humain
L’Ecole Provinciale d’infirmière(e)s et d’Accoucheuses (EPIA) de Namur
Bruxelles, De Boeck Université, 1995, 50 pages
Présentation succincte.

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"Etre consommé"
Critique du libéralisme
par William Cavanaugh, éd. l’Homme Nouveau, 164 pages

présenté par Jérémie BRASSEUR dans le Journal Dimanche du 13 janvier 2008

Un jour, un jeune théologien catholique américain (45 ans), marié et père de trois enfants, a eu la curiosité de s’interroger sur la façon dont étaient fabriqués les vêtements qu’il portait. Une enquête qui l’a mené à réfléchir sur l’immoralité du "libre marché" et sur la réponse catholique au modèle consumériste ambiant.

L’effet pervers de la mondialisation, explique William Cavanaugh, c’est qu’elle prive le consommateur d’informations qui seraient à même de le guider dans le choix des produits qu’il achète.

Si nous en savions plus sur la viande bovine fournie à bas prix par l’agrobusiness, si au moment de faire l’acquisition d’une paire de baskets, nous avions en face de nous le visage de ces gens qui se tuent littéralement au travail pour les fabriquer, aurions-nous le cran de participer à la mécanique consumériste qui caractérise nos sociétés modernes ?

William Cavanaugh développe une réflexion théologique sur le "libre marché" à la lumière des écrits de saint Augustin. Il critique la conception que nous nous faisons de la liberté, souvent perçue comme une absence de contrainte. Cette définition par la négative, explique le théologien, n’est pas suffisante. Le drogué, donne-t-il en exemple, est-il libre de se droguer ? Pour l’homme, la liberté vient plutôt d’être orienté vers sa vocation propre, d’être porté à développer son humanité.

Pensée paradoxale

Dans les relations de libre-échange, cela implique les conséquences suivantes : le travailleur libre n’est pas forcément celui qui "choisit" de mettre ses forces au service de telle entreprise. Peut-on parler de liberté de choix, vraiment, entre un emploi sous rémunéré et la misère totale ? William Cavanaugh soutient que seul est respecté le libre arbitre du travailleur dont l’humanité est prise en compte. Il évoque des mécanismes qui vont à contre-courant de l’implacable logique libérale : notamment les organisations de commerce équitable, qui lui sont chères.

Le théologien surprend le lecteur par la remise en question d’idées reçues, ce qui permet de pousser plus loin la réflexion. Il conteste notamment l’idée selon laquelle le consumérisme de nos sociétés serait caractérisé par un attachement exacerbé aux biens matériels. Il soutient au contraire qu’il faudrait parler d’un détachement. Nos relations avec les biens matériels deviennent de plus en plus éphémères. De plus en plus souvent jetables ou frappées de péremption, les marchandises nous laissent insatisfaits et nous poussent à consommer sans cesse des choses nouvelles.

Consommateur consommé

L’économie moderne fonctionne grâce à cette insatisfaction, qui nous incite à nous défaire des biens que nous avons achetés pour en acquérir d’autres. Paradoxalement, on trouve un socle commun entre le consumérisme et le christianisme. Les deux systèmes de pensée prônent le détachement mais alors que le premier cultive notre inatisfaction naturelle pour nous pousser dans un processus de consommation effréné, le second tend à nous orienter vers Dieu, qui seul peut nous combler. En effet, explique le théologien américain, dans la logique de l’eucharistie, notre insatiabilité est retournée. En recevant l’hostie, nous consommons tout en étant consommé (c’est-à-dire intégré - et non pas désintégré - dans un Corps infiniment plus vaste, celui du Christ ressuscité).

Le livre de William Cavanaugh fourmillant d’exemples concrets, s’avère d’une richesse conceptuelle propre à nourrir longuement la réflexion des chrétiens.

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Comment la terre s’est tue
David ABRAM
Editions "Les empêcheurs de penser en rond"/La découverte, 2013

Présentation par l’éditeur :

Comment se fait-il que les arbres ne nous parlent plus ? Que le soleil et la lune se bornent désormais à décrire en aveugle un arc à travers le ciel ? Et que les multiples voix de la forêt ne nous enseignent plus rien ? À de telles questions répondent le plus souvent des récits qui aboutissent à faire de nous, « enfants de la raison », ceux qui ont su prendre conscience de ce que les humains étaient seuls au sein d’un monde vide et silencieux. Les peuples de tradition orale - Hopis, Apaches, Koyukon, aborigènes australiens, habitants du Népal ou de la jungle amazonienne - savent qu’il n’en est rien.

Le parcours et le travail d’enquête passionnants que David Abram rapporte ici leur donnent raison. Plutôt qu’une prise de conscience, ce qui nous est arrivé serait de l’ordre d’une brutale mutation écologique, qui a interrompu la symbiose entre nos sens et le monde. « Manifestement, quelque chose manque - manque terriblement », comme en témoigne la manière dont nous maltraitons et la terre et nous-mêmes.

Toutefois, ce n’est pas l’ancien pouvoir d’animation des choses qui s’est tari. Ne sommes-nous pas témoins de scènes étranges ? N’avons-nous pas des visions ? Ne faisons-nous pas l’expérience d’autres vies... lorsque nous lisons ? Et si la magie vivifiante de nos sens avait été capturée par les mots écrits ?

Les mots de David Abram possèdent cette magie, mais surtout ils réactivent l’expérience d’un monde au présent. Ce monde alentour qui, en sourdine, continue à nourrir nos manières de penser et de parler, de sentir et de vivre.

Parce que la terre parle...

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Redéfinir la prospérité
Jalons pour un débat public
Isabelle CASSIERS

Editions de l’Aube, avril 2011, 282 p.

Dans le langage courant, le terme est équivoque et c’est précisément cela qui le rend intéressant. Les définitions qu’en donnent les dictionnaires oscillent entre deux registres : celui de l’être et celui de l’avoir. La prospérité désigne d’une part un état heureux et renvoie par cela aux notions de bien-être, de bonheur, de félicité, voire de béatitude. Cette première définition évoque une disposition de l’être, un accomplissement dans l’instant. La prospérité désigne aussi l’augmentation des richesses, la marche vers l’abondance, vers l’opulence, la réussite, et renvoie alors aux activités économiques et à leur essor, expansion, succès, progrès. Cette deuxième définition évoque davantage une frénésie de l’avoir et de son accroissement.

Le côtoiement de ces deux ordres de définition pose question. Prospérité vient du latin prosperus : conforme ou favorable aux espérances, aux attentes. Notre projection continuelle vers l’accumulation de richesses, aurait-elle fait perdre de vue les attentes et les aspirations inscrites dans le registre de l’être ? L’écrasement de la première définition par la deuxième au fil du temps serait-il à l’origine des difficultés dans lesquelles notre civilisation se trouve aujourd’hui ? Qu’on ait pu assimiler « l’état heureux » à « l’augmentation des richesses » pourrait être une clé de compréhension de la crise multiforme que nous traversons.

Telles sont les questions qui ont donné naissance à cet ouvrage. Une vingtaine de chercheurs, issus de diverses disciplines - philosophie, économie, histoire économique, sociologie, sciences politiques, droit, sciences de l’environnement, agronomie, biologie, médecine - principalement mais non exclusivement universitaires, ont voulu s’écouter, dialoguer, confronter leurs interrogations et leurs savoirs, se donner ensemble le droit de remises en question radicales.

Convoquer plusieurs disciplines semblait en effet indispensable pour comprendre les origines philosophiques et historiques de la définition de la prospérité qui fut implicitement la nôtre pendant trois siècles et s’est imposée plus largement au cours des soixante dernières années. Puis pour tenter d’identifier les processus complexes dont les problèmes actuels sont issus ; d’élucider les interactions entre les différentes dimensions d’une crise écologique, sociale, alimentaire, économique, politique et culturelle ; de comprendre pourquoi un demi-siècle de croissance économique a ni accru la satisfaction de vie en Occident ni vaincu la misère du monde. Enfin pour suggérer des issues, des voies à explorer pour que notre développement aille à la rencontre des valeurs fondamentales exprimées par les populations ; proposer des révisions de nos modes de vie, de nos comportements, de l’organisation de la société et de l’action publique qui puissent répondre, d’une manière équitable, à nos aspirations les plus profondes.

Travaillant ces matières, il nous a semblé essentiel de reconnaître notre posture engagée, ou plus exactement la posture inévitablement engagée de tout chercheur s’attelant à un tel sujet. Redéfinir la prospérité est à nos yeux une tâche urgente, essentielle et complexe qui, par sa dimension intrinsèquement politique, ne peut faire l’économie.

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