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Les différentes listes de besoins ont été constituées en relation avec la situation dans le temps et dans l’espace de la personne qui l’a construite et en particulier, avec les raisons qui l’ont poussée et les objectifs visés.
Abraham MASLOW , qui a amené l’idée de besoins "primaire" et besoins "secondaires" et qui a proposé une hiérarchisation de différentes catégories de besoins, a constitué sa liste suite à une enquête sur la motivation au travail (qu’il menait comme consultant en management) dans la population d’une très grosse entreprise américaine dans les années 60. Il travaillait pour un patron qui voulait comprendre les leviers de la motivation de ses employés de manière à trouver des moyens pour les stimuler à produire davantage et de façon plus efficiente (... pour augmenter ses marges bénéficiaires, bien entendu).
Abordant la question des besoins de ce point de vue, MASLOW a observé que quand les ouvriers se plaignent de ne pas avoir de quoi satisfaire leurs besoins physiologiques et que cela dure depuis un moment, ils travaillent moins bien, mais quand on leur donne une augmentation ou des avantages en nature, ils se mettent à se plaindre de ne pas avoir assez de sécurité au travail... et se remettent à travailler moins efficacement et quand ils reçoivent de meilleures conditions de sécurité, ils réclament sur la qualité des relations de travail... puis, sur l’accomplissement personnel, etc. C’est ainsi que MASLOW en a déduit que les besoins primaires sont plus importants que les autres parce qu’ils sont demandés avant les autres. Son enquête a été faite parmi des travailleurs adultes en fonction : la population active... outre le problème des ou du but de ce travail et du commanditaire, elle est donc aussi biaisée par ce déterminant.
Il est à note que la société de consommation en était à ses débuts et que les publicitaires de cette époque étaient encore bien sages.
La liste des 14 besoins de [Virginia ANDERSON_>35] est limitée par son point de vue d’infirmière qui vise essentiellement à maintenir en vie et à rétablir la santé de personnes malades et hospitalisées. Elle vise essentiellement le corps physique malade pour favoriser la guérison à court terme. Elle ne vise pas la santé à long terme ni la prévention des maladies. Elle donne un cadre de référence et une structure de travail au personnel soignant... Il n’est pas prévu que le patient se serve de cette liste... Le modèle qui sous-tend cette approche n’est pas autonomisant : cela renforce les relations de pouvoir et de dépendance vis-à-vis des soignants, en leur réservant le savoir.
Pour ce qui est de la liste des besoins établie par Marshall ROSENBERG dans l’édification de son modèle pour une communication non violente (CNV), elle a été constituée à partir de l’observation des raisons pour lesquelles ou des objets (concrets ou symboliques) pour l’obtention desquels les humains entrent dans des conflits interpersonnels. On ne peut donc utiliser cette liste que dans le cade spécifique de la résolution de conflits. Or de nombreux conflits se cristallisent sur des désirs ou des moyens préférentiels de satisfaire des besoins, ou des attributs considérés comme donnant une image à laquelle telle(s) personne(s) désire(nt) correspondre.
La notion de besoin elle-même est donc conceptualisée différemment selon les auteurs qui en parlent. Ainsi quand on parle de "besoins humains", on doit choisir la référence conceptuelle à laquelle on préfère adhérer.
Si je préfère la liste établie par Marge Reddington pour m’occuper de moi-même de façon à vivre en prenant soin de ma santé et de mon bien-être physique, affectif, mental, relationnel, ainsi que pour accompagner des personnes dans leur développement individuel tout en les informant, c’est que le critère de définition de ces besoins et de contribuer au maintien de la vie physique... donc, si l’on vient à manquer de ce qui permet de rencontrer tel besoin spécifique pendant un certain laps de temps (de très court à très long), le risque est mortel.
Notons que cette définition permet de distinguer besoins et moyens puisque ce qui permet de satisfaire le besoin n’est pas le besoin en soi. On y distingue aussi besoin et manque, manque et signal de manque. Cette conceptualisation fine et concrète aide à structurer sa pensée et à établir des priorités de base de la notion d’urgence qu’on invite l’usager à considérer comme le seul critère valide pour hiérarchiser ses besoins : celle-ci varie donc en fonction de chaque individu et de la situation particulière qu’il vit à tel moment.
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