Farid Bamouhammad : une figure emblématique
 
   
Farid BAMOUHAMMAD et le "SENS"
Farid le Fou ... d’Amour
Premier contact avec la prison
Deuxième contact avec la prison
Farid à Jamioulx
Farid Bamouhammad : 4ème rencontre (Jamioulx)
5ème visite à Farid
"Le ciel t’accompagne !"
Interruption de la médiatisation ici
Inspiré de l’interview par Malika ATTAR
Pourquoi ma relation avec Farid Bamouhammad ?
Transfert de Farid B. à la prison de Marche-en-Famenne
Farid BAMOUHAMMAD demande l’euthanasie
La grève de la faim de Farid au Centre médico-chirurgical de la prison de St-Gilles se poursuit !
Libéré provisoirement, Farid BAMOUHAMMAD est hospitalisé
Dernier "Devoir d’enquête" à la RTBF-TV 1
Une lettre de Farid B. depuis la prison de Nivelles
Lettre à la Commission de surveillance des prisons le 4 mars 2019
Farid Bamouhammad est décédé
Les acquis par Farid
Lettre de remerciements
Message laissé sur mon Facebook suite au décès de Farid
Farid vient d’être libéré sous conditions
     
   
   
 
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      Inspiré de l’interview par Malika ATTAR
    préparatoire à "Devoir d’enquête" du 4 mai 2011
    Réponses à des questions que sans doute certain(e)s se posent... et commentaires

Vidéo d’annonce de l’émission.

1) Qui êtes vous Marthe-Marie ?

Une chercheuse de bonheur à partager.

2) Qu’est-ce qui vous a amenée à vous intéresser à Farid ?

Mon expérience de Jurée en Cour d’Assise il y a plus de 30 ans. Ce fût mon premier contact avec la justice. J’ai été choquée au point d’écrire cette expérience qui a été publiée dans le Journal des Juristes Démocrates (n°29-30 - Octobre-décembre 1981). (Cet article a été remarqué par la RTBF-TV et je suis passée à l’Ecran témoin où déjà à l’époque j’avais affirmé que c’était la société qui était criminogène, tant de besoins vitaux n’étant pas satisfaits.)

J’avais idéalisé la justice. Or les juges, avocats, etc. font de leur mieux en tant qu’êtres humains selon leur éducation, leur culture, leurs valeurs... Il s’agissait d’un crime commis dans le milieu des travestis et prostituées de Leuven. Le procès avait duré trois semaines. La difficulté de rendre compte de la vérité était telle que les jurés et les juges ont dû se rendre sur place.

Sans déflorer quoi que ce soit, ce qui serait illégal, je me souviens notamment :
-  du jargon judiciaire : on se croit dans une autre époque, et le langage est presque incompréhensible au simple citoyen dont j’étais,
-  de la précaution légale relayée par le procureur : "Le doute bénéficie aux accusés". Y a-t-il jamais une réelle certitude s’il n’y a pas plusieurs témoins directs ?,
-  de l’obligation de rester en apparence sans réaction pendant les débats,
-  de la manière dont les peines sont décidées à huis clos entre jurés et juges : on part de la plus haute peine demandée par le Procureur du Roi et on discute sans aucune référence, année par année, comme dans une vente aux enchères, sans la moindre idée de ce qu’est en réalité la prison et le sens de la prison...

Je me demande s’il y a du changement depuis.

3) Concrètement aujourd’hui ?

L’article de F. Delepierre (avril 2009) et le livre de Farid.

4) Qui est Farid pour vous ?

Mon jeune frère. Cf mes articles sur le site, plus explicites.

5) Comment en êtes-vous arrivée à le rencontrer ? 6) Comment s’est passée la première rencontre ?

Article en réponse aux deux questions sur le site. J’ai oublié d’y mentionner que j’ai failli laisser tomber après un an et demi de galère... Juste à ce moment-là, Farid m’a téléphoné. C’était un dimanche. Le lendemain, je le rencontrais pour la première fois.

7) Aviez-vous une idée de la prison avant de le rencontrer ?

Pas du tout. Premier contact avec la prison. Cf article.

8) Avez-vous appris quelque chose sur la prison grâce à Farid ?

C’est un monde que je ne connaissais absolument pas avant Farid. J’ai eu besoin de comprendre plus largement, c’est pourquoi j’ai suivi la formation organisée par les REE (Rencontres Ecologiques d’été) où j’ai fait notamment la connaissance de Claire CAPRON, de son association des visiteurs de prison, de ses livres...

9) Selon vous, qu’est-ce que Farid souhaite ?

Sortir... Et pour le présent : être respecté. Qu’on soit "gentil", souriant...

10) Quelles sont à votre avis les conditions de sa sortie ?

Il doit pouvoir se former... avoir un logement, un emploi. On entre alors dans les difficultés vu ses conditions particulières de détention. Il ne faut pas oublier qu’il a une compagne, une maman qui l’attendent...

11) Pensez-vous qu’il sera moins violent lorsqu’il sortira ?

Nous avons tous la violence en nous. La question est de savoir comment l’encadrer, quel langage acceptable trouver pour compenser l’injustice ressentie, le mal subi,... Cela s’apprend. Il a besoin d’un SAS.

12) Comment imaginez-vous ce SAS ?

Comme une préparation d’abord thérapeutique prenant en compte le corps (bioénergie) ; ensuite, qu’il soit bien entouré notamment par sa compagne... Qu’il puisse aussi se former professionnellement et trouver un emploi.

13) Quel avis avez-vous sur le fait que Farid ait commis un crime ?

J’ai rappelé qu’il s’agissait de sa réaction au viol collectif de sa femme et ce, dans la suite d’un ressenti d’injustices accumulées. Je peux comprendre sans pour cela admettre le crime.

14) Les crimes ne doivent-ils pas être punis ?

Qu’est-ce que la punition ? Sinon, une occasion de comprendre pour ne pas recommencer, de réparer vis-à-vis des victimes, de se préparer à la réinsertion, apprendre en ce qui concerne Farid à accepter un monde imparfait et à quand même faire confiance à la Justice, même si dans son cas, cela paraît bien difficile. Il y a bien longtemps que Farid a compris tout cela.

15) Farid a-t-il appris quelque chose en prison ?

Non. Seules les années lui ont permis de réfléchir. Pas la prison. La prison telle qu’elle fonctionne actuellement ne peut qu’être nocive. Je rappelle l’image de la radio en panne qu’on planque dans une armoire pendant des années, comment sera-t-elle resortie ?

16) Les gardiens ont peur de Farid.

Pas tous. Il a des gardiens amis. D’autres prennent inconsciemment Farid comme une occasion d’éprouver leur pouvoir. C’est pourquoi ils le provoquent, le harcèlent... Il y a longtemps qu’il ne les a plus frappés ! Mais sa réputation le suit comme un boulet. Il faut casser ce cercle vicieux.

17) Ils disent que ceux avec qui ils ne s’entend pas sont ceux qui ne font pas tous ses caprices.

Il faudrait savoir ce qu’ils entendent par "caprice". Farid veut juste que ses droits soient respectés. Et être respecté. Exemple : la tartine qui lui arrive sans emballage.

18) Et à Nivelles ?

J’explique la version de Farid, les doigts en ciseau sur le cou d’un gardien pour démontrer sa force et l’inutilité de faire se déplacer des agents en nombre ; justement, c’était un gardien traumatisé par une autre affaire indépendante de Farid. Il n’y a d’ailleurs pas eu de plainte.

19) Qu’est-ce qui ne va pas dans les prisons selon vous ?

Les besoins vitaux ne sont pas rencontrés : santé globale, espace, respect, contacts... Référence à la Loi Dupont : Les détenus doivent être uniquement privés de la liberté de sortir de l’enceinte de la prison. On est loin du compte ! Et les gardiens, en nombre insuffisant sont insuffisamment formés. Mais faire plus de bâtiments ou avoir plus de gardiens n’est pas une solution. Il faut réfléchir à comment avoir moins de détenus...

20) Finalement, que proposez-vous ?

La mise sur pied d’une Commission d’enquête parlementaire qui réfléchisse au sens de la prison. Il y a bien une Commission Pédophilie !