Relations sexuelles
 
   
Relations sexuelles
Les aveux du Chanoine HOUTART, prêtre altermondialiste,
En relation avec les abus sexuels dans l’Eglise Catholique...
     
   
   
 
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Besoins relationnels et sociaux
     
   

 
      Les aveux du Chanoine HOUTART, prêtre altermondialiste,
    coupable d’attouchements sur un cousin âgé de 8 ans, voici 40 ans.
    Réflexion sur la pédophilie.

Le puritanisme sexuel a fait et continue de faire des dégâts : ignorance, avilissement de la sexualité, hypersexualisme, viols, etc. Il n’a pas seulement été cultivé par l’Eglise catholique (et d’autres religions) mais aussi par le système économique. Il fallait des couples fermés pour assurer la transmission de la propriété, des richesses matérielles, à des enfants légitimes. De plus, pendant la plus grande partie de son existence sur cette terre, l’humanité ne pouvait pas contrôler les naissances. Par conséquent, la peur a été liée à l’acte sexuel. Cette peur semble s’être transmise par les gênes.

En ce qui concerne François HOUTART, c’est une personnalité magnifique, une esprit critique, libre. Il y a un énorme décalage entre les conséquences d’un acte isolé, irresponsable et l’immensité du dévouement de cet homme et de son engagement envers les plus pauvres de cette planète.

Je trouve que c’est très intéressant d’essayer de comprendre. Car il avait tout : l’éducation, l’intelligence, une formation de sociologue, un engagement pas seulement comme prêtre mais comme progressiste dans ses choix politique et sociaux. Tenter de comprendre son acte dans un tel contexte nous ramène à ce que nous sommes, nous les êtres humains et à réfléchir à notre co-responsabilité.

Sur une base aussi claire, qui sommes-nous en tant qu’ êtres humains ? De quoi notre cerveau est-il capable positivement et négativement ? Je pense qu’il n’y a pas d’exception. Les Hitler ou les pédophiles, les bourreaux et toutes les sortes de "déviants" qui nous scandalisent, nous renvoient à notre "ombre". Nous sommes l’aboutissement d’une lente évolution. Nous apparaissons dans cette chaîne immense comme un maillon "pensant" mais qui a conservé son cerveau primitif, ses instincts. Dans mon travail sur les besoins vitaux, François m’inspire une nouvelle donne, celle de l’instinct.

Qu’est-ce qui est commun aux actes pédophiles indépendamment des milieux sociaux dans lesquels ils sont perpétrés ? Indépendamment du développement intellectuel ou culturel des personnes ? Indépendamment de problèmes psychologiques ?
-  La transgression de l’interdit,
-  une pulsion sexuelle incontrôlable,
-  le besoin compulsif de satisfaire un manque,
-  la prise de pouvoir sur un être démuni, vulnérable,
-  la négation inconsciente des conséquences de l’acte pour la victime et des risques pour sa propre image ou la perte de conscience (due à l’excès d’alcool, de fatigue, la drogue, certains médicaments ?),
-  la répétition d’une expérience similaire dans sa propre enfance comme pour la banaliser ?

La culpabilité et toutes les conséquences sociales engendrées par un tel acte ne sont pas dissuasives. La société punit puisqu’il s’agit à la fois de stigmatiser cet acte indigne de l’humain et d’obtenir une réparation pour les victimes mais cette punition n’est ni dissuasive, ni curative. Y a-t-il dès lors une possibilité de prévenir de tels actes ?

Rappelons d’abord qu’il y a toutes sortes de manières acceptables socialement de satisfaire les besoins vitaux dans un équilibre. Et cette satisfaction est recherchée comme source de plaisir.

-  Transgression de l’interdit : Pourquoi transgresser l’interdit ? Peut-être pour répondre au besoin vital d’exister... A partir du moment où la sexualité serait libérée dans un contexte d’éducation à l’amour de soi et de l’autre, au respect ; resituée à sa juste place du besoin de survie pour l’espèce au même titre que l’alimentation mais aussi dans sa beauté au point d’être vécue par certain(e)s comme une voie divine ; connue et contrôlée dans ses conséquences ; où la parole serait libérée dans la confiance entre enfants et adultes, le plaisir de la transgression disparaîtrait.

-  Pulsion sexuelle incontrôlable : La libération de l’énergie sexuelle est un besoin vital qui peut être consciemment sublimé. Mais cette sublimation est-elle possible de manière constante ? Les personnes qui ont fait voeu de célibat sont-elles toutes capables de ce renoncement permanent ? N’y a-t-il pas aussi risque de rechercher à satisfaire son besoin vital de contact physique via la sexualité ? Car le contact physique renvoie au contact avec la mère nourricière et conditionne le sentiment de sécurité vitale.

-  Le besoin compulsif de satisfaire un manque. Quel manque ? Justement peut-être un manque affectif, un manque de contact, de caresses, de relation épanouissante avec son propre corps ?...

-  La prise de pouvoir sur un être démuni, vulnérable. Il y a toutes sortes de manière de prendre le pouvoir sur l’autre, d’exercer son autorité, de le violenter, depuis toucher son corps sans lui avoir demandé son accord jusqu’à toutes les formes de tortures et la mort. Pour remplir quel besoin ? Peut-être le besoin d’expérimenter sa force, de se sentir puissant, d’être reconnu, d’exister...

-  La perte de conscience : La personne a-t-elle appris à cultiver sa conscience par la méditation par exemple, à être présent au présent, au geste de chaque instant ? Est-ce possible, si l’on se sait fragile, de limiter la prise d’alcool ? de se reposer en temps utile ? d’éviter les situations périlleuses ? Peut-être faut-il commencer par apprendre à s’aimer à travers un regard d’amour divin ou humain ?

-  Dans la même veine de travail sur la conscience, l’occasion de parler à une personne de confiance d’une expérience similaire vécue dans l’enfance, d’exprimer les émotions qu’elle a suscitées, la révolte, le chagrin, la honte, le besoin de réparation et de réaliser que faire subir à un autre enfant ce que l’on a soi-même subi ne peut en aucune façon guérir la blessure.

Quelle est la part de responsabilité personnelle et la part de responsabilité sociétale dans chacun de ces cas ?

Dans ce cas précis de François HOUTART, la victime ne s’est pas exprimée à ma connaissance. On peut se poser la question de savoir pourquoi ? Pourquoi est-ce sa soeur qui est intervenue ?

François HOUTART nous a bien malgré lui rendu un grand service grâce à son aveu, la reconnaissance de sa "faute" : il nous a révélé notre "ombre". Peut-être voudra-t-il aller plus loin en réfléchissant sur ce qui l’a poussé à commettre deux attouchements sur un enfant ? Sa réflexion nous permettrait de vérifier nos hypothèses et de travailler à la prévention.

François HOUTART devrait nous inspirer, outre de la gratitude pour les questions salutaires que ses aveux suscitent, de la compassion et de l’humilité.