Farid Bamouhammad : une figure emblématique
 
   
Farid BAMOUHAMMAD et le "SENS"
Farid le Fou ... d’Amour
Premier contact avec la prison
Deuxième contact avec la prison
Farid à Jamioulx
Farid Bamouhammad : 4ème rencontre (Jamioulx)
5ème visite à Farid
"Le ciel t’accompagne !"
Interruption de la médiatisation ici
Inspiré de l’interview par Malika ATTAR
Pourquoi ma relation avec Farid Bamouhammad ?
Transfert de Farid B. à la prison de Marche-en-Famenne
Farid BAMOUHAMMAD demande l’euthanasie
La grève de la faim de Farid au Centre médico-chirurgical de la prison de St-Gilles se poursuit !
Libéré provisoirement, Farid BAMOUHAMMAD est hospitalisé
Dernier "Devoir d’enquête" à la RTBF-TV 1
Une lettre de Farid B. depuis la prison de Nivelles
Lettre à la Commission de surveillance des prisons le 4 mars 2019
Farid Bamouhammad est décédé
Les acquis par Farid
Lettre de remerciements
Message laissé sur mon Facebook suite au décès de Farid
Farid vient d’être libéré sous conditions
     
   
   
 
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Prisons
     
   

 
      Deuxième contact avec la prison
   
    Suite du premier. Ce que j’ai appris.

Ce lundi 13 septembre 2010, j’ai pris le train une heure plus tôt, soit à 12H25. Arrivée gare du Midi vers 13H30, j’apprends que le train pour Charleroi était supprimé. Pas de chance. (Au journal, j’apprendrai qu’un homme est mort électrocuté en volant des cables de cuivre. Quelle misère pousse des gens à agir de la sorte ?)

Le train suivant, à 13H50, est un omnibus, il aura encore 5 minutes de retard et avancera comme une tortue. J’arrive enfin à Nivelles. Il est 14.40, 40 minutes plus tard que prévu.

Entre-temps, j’ai réalisé que j’avais oublié le fameux cadenas. J’ai trouvé une solution pour déposer mon sac quelque part en sûreté afin de ne pas devoir payer un nouveau cadenas et je suis allée à la prison uniquement avec ma carte d’identité et un petit sac en plastique contenant de l’argent.

Cette fois, j’ai trouvé immédiatement l’entrée. Il faisait sombre. Je me demandais s’il y avait quelqu’un. J’ai sonné. Et on m’a ouvert ! Je passe ma carte d’identité à l’accueil à travers un petit guichet. Je constate que le gardien, qui consulte son PC, téléphone en coupant le son vers moi. Il a l’air ennuyé et discute. Finalement, il me dit que ce n’est pas possible d’accéder au parloir car il est occupé. Je m’étonne : n’y a-t-il qu’un seul parloir ? Il n’y a qu’un seul parloir avec une porte vitrée afin de permettre une surveillance par le gardien dans le bureau vitré en face.

J’apprendrai plus tard que ce parloir est réservé à deux détenus : M. Dutroux et F. Bamouhammad. Revenez, me dit le gardien, mais attention, l’accueil ferme à 16H. J’hésite : cela vaut-il la peine que je reste ? Finalement, je vais rechercher mon sac et boire un verre dans une taverne en attendant 15H30. Et je retourne à la prison : le parloir n’est toujours pas libre. Je m’assieds et j’attends en surveillant l’heure. A 16H pile, une gardienne m’appelle et je peux rentrer. Je pense qu’ils ont eu pitié de moi. Je me sens reconnaissante.

En parlant avec le gardien dans le couloir en attendant l’arrivée de Farid, je me plains du peu de temps que nous aurons. Il m’apprend que si j’étais visiteuse de prison, il n’y aurait pas de limite. Je vais dès lors faire les démarches pour obtenir cette agréation.

Ensuite, je vais chercher une boisson et une douceur pour Farid dans un distributeur dans la salle des rendez-vous. Il y a plein de personnes, des couples enlacés autour de petites tables, beaucoup de bruits de conversations. Je n’ose pas regarder.

Farid est arrivé à 16H15. Il avait une drôle de tête. Je lui ai fait signe de loin pour lui montrer que je n’étais pour rien dans ce contre-temps. Nous avons qu’en même eu 3/4 H qui sont passés beaucoup trop vite. Je l’ai écouté. Je reste avec mes questions, en particulier, quelles sont ses conditions de détention. Que fait-il toute la journée ? Il m’apprendra que le Tribunal d’application des peines se réunit en octobre pour statuer sur son sort.

Il a bien reçu le livre que je lui ai fait parvenir : "Cette aveuglante absence de lumière" de Tahar Ben Jelloun (édition Points). C’est un livre qui a inspiré Jean-Marc Mahy, aujourd’hui en libération conditionnelle (sauf changement) et qui en parlant de son expérience de la prison aux jeunes comme éducateur, espère faire oeuvre de prévention. Farid a juste eu le temps de me dire que c’est ce qu’il avait vécu !

En sortant, je veux lui glisser un billet de 5 Euros pour ses frais. Il refuse, ennuyé. Le gardien qui vient le chercher s’en aperçoit et m’informe que je ne peux pas donner d’argent à Farid. Sa maman me dira que je peux le verser sur le compte de la prison en indiquant son nom. Je ne comprends pas.

J’écris à la direction de la prison pour demander de me réserver le parloir le premier lundi du mois après-midi (ave l’accord de Farid). Il me semble aussi qu’il doit être préparé à sa sortie, peu importe quand elle aura lieu. C’est une préparation à la fois physique, psychologique, émotionnelle, spirituelle. Je ne m’inquiète pas des aspects matériels puisqu’il a sa fiancée. Mon amitié ne peut qu’être une petite contribution. Il a aussi besoin d’une aide professionnelle.

J’envoie à Farid en prêt le livre "La vie en prison, 80 visiteurs témoignent" dédicacé par Claire Capron, co-auteur Florence Delsemme, Editions Couleur livres.