| Père Noël,
Ah qu’est-ce que je suis triste, pas seulement pour moi, mais pour les enfants et d’ailleurs aussi, pour les grands... Quelle confusion !
Toi, tu es une légende. D’ailleurs, je me demande pourquoi je t’écris. C’est sûrement pour me soulager. J’ai trop sur le coeur.
Non seulement, tu es une légende, autrement dit tu n’as jamais existé (une légende, ça peut être très joli), mais tu as été créé de toute pièce par l’imagination de quelques publicitaires (américains je pense)...
Sorry les enfants (et les autres) ! Tout le monde court et se fatigue et n’est pas toujours certain de faire plaisir en achetant tel ou tel cadeau, sans compter le trou dans les finances... Quel piège !!
On supprime mon trône dans les grandes surfaces parce que je ne suis plus assez rentable. Mais moi, je suis une vraie personne née il y a quelques siècles quelque part dans le Nord de l’Europe... Et j’aime les enfants (sages et pas sages et les autres aussi).
Père Noël, est-ce que par hasard tu ne te serais pas trompé de date ?
Tu sais, pour mémoire, le 25 décembre, c’est la fête de la naissance de Jésus, fils de ...(comme on veut le nommer dans sa religion, ce "Sans Nom" mais qui est "Père et Mère" et nous aime toutes et tous tels que nous sommes, sans conditions et pour toujours, dit-on) qui est né et a été déposé dans une mangeoire parce que ses parents, lui un ouvrier-menuisier, elle, une jeune femme au foyer, n’ont pas trouvé de place à l’hôtel... (Heureusement, l’âne et le boeuf étaient là pour réchauffer leur petit nouveau-né.)
Qui leur a d’abord rendu visite ? Des bergers... Des moins que rien dans ce pays, à cette époque... Qu’est-ce qu’ils avaient à offrir ? Un agneau, des oeufs, du fromage sans doute...
Ensuite, oui, c’est vrai, des Rois, des Mages... avec des cadeaux somptueux. Ils avaient suivi une étoile... Ils ont été surpris de découvrir un dieu dans une étable, un "bien plus grand qu’eux" et leurs cadeaux étaient bien peu adaptés (à première vue en tout cas)...
Ah Père Noël, tu es venu tout gâcher. Laisse-moi continuer à m’occuper des enfants, sages et pas sages. Moi, j’ai vraiment existé un jour. Le 6 décembre, c’est ma fête. Arrangeons-nous. Renvois tes marchands. Ils ont toute l’année pour eux. Occupons-nous des enfants le 6 décembre et seulement le 6 décembre. Tous les enfants. Les riches et les pauvres. D’accord ?
Et puis, on fera attention à moins encombrer les poubelles. Elles débordent. Cela devient grave. Bientôt, on ne pourra plus se déplacer qu’entre des poubelles. Et l’odeur ?!! Nous au moins, qu’on en ajoute pas. Il y a des jouets récupérables (des anciens très beaux), durables (en bois et/ou créatifs), recyclés, recyclables, de solidarité, ...
Et puis, il n’en faut pas tant que ça ! Attention aussi à la santé des enfants, à leur sécurité ! On n’y pense pas toujours chez les fabricants. Et les acheteurs ne sont pas toujours avertis... Ce qui compte avant tout souvent pour les fabricants, c’est le "tape-à-l’oeil". Ils n’ont jamais assez de sous qui rentrent ! C’est bien dommage.
Il y a des jouets qui épargnent les ressources de cette pauvre petite planète bien éprouvée et en prennent soin en même temps qu’ils prennent soin des enfants !... Qu’en penses-tu ? Tu sais, tu peux me répondre dans le forum du RéAJC asbl. (C’est ma boîte aux lettres.) Et je serai bien content de faire la paix avec toi...
Mais oui, on fait la fête à Noël. Mais pourquoi on ne se simplifierait pas la vie tout en étant très heureux ? Pourquoi les familles et amis ne se retrouveraient-ils pas, chacun apportant une "oeuvre" personnelle, ou d’artistes et d’artisans du "Sud", à se partager (qui pourrait se déguster d’ailleurs... ou s’écouter... ou se regarder selon son budget)...
Et cela suffirait pour faire la fête autour du sapin bien garni de boules multicolores, de guirlandes et de cheveux d’ange...
On garderait les cadeaux personnels des grands pour l’anniversaire par exemple ou une visite surprise, et, par définition, pour une personne à la fois... Ce ne serait pas plus gai ?
Quant aux petits, ils seraient comblés à ma fête, le 6 décembre, et les grands-parents ne s’y tromperaient pas...
Saint-Nicolas.
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